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Rapports
 
Rapport d’étape de l’équipe togolaise

Présenté par :

Professeur Adovi N’buéké Michel GOEH-AKUE, Responsable de l’Equipe de recherche sur le développement et les enjeux identitaires en Afrique (E-DEIA)

Lomé, 30 décembre 2010

Dans le cadre de l’ANR Frontafrique sur le thème : « Les frontières africaines : absurdité ou enracinement ? Quelles nouvelles approches ? » à laquelle l’équipe de Recherche E-DEIA de l’Université de Lomé est associée, plusieurs activités ont été menées, d’autres envisagées. Le présent rapport vise à faire le point sur ces travaux.

I. Point sur les travaux réalisés
Depuis deux ans, l’équipe de recherche que je dirige a initié des séminaires de DEA sur le thème « Identités, frontières et mondialisation ». Ces séminaires ont sensibilisé aussi bien des étudiants que des collègues à s’intéresser aux questions de frontières. En conséquence, des travaux scientifiques ont été produits sur la question. Il s’agit de :
- Un mémoire de maîtrise d’histoire sur le thème : « Gestion foncière et pratiques sociales d’une population frontalière : Les Aflao de 1920 à 2005 ».
- Une thèse sur : « Infrastructures de transport terrestres et mobilité au Togo (1920-1980) » ;
- Un article sur : « Frontières coloniales et dynamique sociale : le cas des Bè-Togo, Flawu et Anlo (Togo-Ghana) » ;
- Un autre article sur : « Acteurs et marchés ouest-africains du commerce interafricain au Togo ».

En dehors de ces travaux, il faut noter la participation de l’un des chercheurs de l’équipe (Dr. TSIGBE Koffi Nutefé) au colloque sur « frontières et indépendances en Afrique », tenu à Paris, les 22 et 23 mai 2010.
Au-delà de ces premiers acquis de nouveaux champs de recherche sont ouverts. Il s’agit des travaux de terrains que des chercheurs ont engagés individuellement ou en sous-équipe.

II. Dynamique des travaux de terrain
Les travaux de terrain ont été retardés par la mise à disposition des fonds. Le premier virement n’a été effectué par l’AIRD que le 30 avril 2010. La mise à disposition par la comptabilité de l’Université de Lomé est intervenue au mois de juin, qui coïncide avec le début des examens de deuxième semestre 2010. Les travaux systématiques de terrains n’ont véritablement démarré qu’en Août 2010 par une journée d’études organisée le 13 août 2010.
Cette journée a vu la participation de l’ensemble de l’équipe togolaise : Enseignants et étudiants.
Les travaux de terrains suivants ont été engagés et préfinancés :
- 1 « La circulation des personnes et des biens sur le corridor Abidjan-Lagos, via Lomé » : (Goeh-Akué N. A. et des étudiants en Maîtrise d’Histoire). Il s’agit d’observer et d’analyser à partir de Lomé, le trafic qui s’effectue sur ce corridor et de mesurer les activités économiques et le flux des personnes dans les différents sens ainsi que la vie dans les zones transfrontalières dans l’espace ouest africain.
- 2 « Frontières et zones de trans-culturalités en Afrique : Etude comparée de Sanvee-Kondji et du terminal du Sahel au Togo » (Tsigbé Koffi N. Joseph, Historien, Université de Lomé). L’objectif de ce sous projet est de saisir et de décrire les mutations culturelles qui s’opèrent au niveau des frontières en l’occurrence celle de Sanve Kondji jouxtant avec le Bénin et un espace interurbain de Lomé dont la particularité est de constituer un site de trans-culturalité ou se côtoient de nombreux migrants attirés par les activités du Port autonome de Lomé.
- 3 « Les élèves togolais dans les écoles transfrontalières ghanéennes » (F. Gbikpi-Bénissan & Pékéti, Sociologie de l’Education, Université de Lomé). Il est courant que les élèves passent de part et d’autre des frontières pour aller à l’école ou au collège notamment la frontière ouest du Togo avec le Ghana en dépit de la différence linguistique. L’étude veut mesurer et analyser les flux, les motivations et l’appropriation de la frontière qui y est faite par les différents acteurs.
- 4 « Subversion politique et tensions militaro-diplomatiques autour de la frontière Togo-Ghana (1956-2000) » : (Assima–Kpatcha Essoham, Historien, Université de Lomé). Cette étude vise à analyser et à démontrer la manière dont les acteurs politiques togolais et ghanéens ont intégré la frontière commune à leurs discours au point d’en faire un conflit de subversion politique et de tensions militaro-diplomatique entre les deux Etats entre 1956 et 2000.
- 5 « Hanyigba, un paradoxe frontalier du Sud-ouest Togo » ( Kouzan Komlan, Historien, Université de Kara). L’objet de cette étude consiste à étudier le processus d’élaboration de la frontière de Hanyigba entre le Togo et le Ghana. Il s’agit de mettre en exergue, à travers l’exemple de Hanyigba, une localité rurale reculée dans les monts Togo, la problématique du rapport entre les frontières et la circulation des personnes et des biens, d’une part, et les stratégies mises en œuvre par les populations pour braver ces frontières ou s’en accommoder, d’autre part.
- 6 « Les Logba et la frontière bénino-togolaise » (Kouzan Komlan et Labanté Nakpane, Historiens, Université de Kara). Considérant le fait que la frontière orientale du Togo à la latitude de Kémérida (point de passage séculaire entre la région de Kara au Nord Togo et le Pays Batoubou alias Bariba au Nord du Bénin) a provoqué d’autres frontières au sein des communautés frontalières, cette étude vise à ressortir le vécu quotidien des populations de ce milieu et leurs comportements vis-à-vis de la frontière afin de mettre en exergue les pratiques identitaires qui y naissent.
- 7 « D’Aflao à Lomé, un espace frontalier atypique en Afrique de l’ouest », (Etou Komla, Historien, Université de Lomé). A partir du peuplement qui est le même du côté de Lomé et du côté d’Aflao, cette recherche veut mettre en exergue les comportements frontaliers et montrer à quel point ceux-ci sont atypiques.
- 8 « La frontière dans les stratégies de luttes des élites politiques au Togo » (Lassey Agnélé, Historienne, Université de Lomé). Bien que luttant contre la balkanisation née des tracés frontaliers, les élites en avaient conscience et les utilisaient dans leurs intérêts, notamment dans les luttes politiques et ce, déjà à la période coloniale. Non seulement on franchissait la frontière pour échapper à la fiscalité, mais on se refugie aussi et très souvent au-delà des frontières pour fuir la répression et les tracasseries de l’administration coloniale. L’objet de cette recherche est de retracer les différentes stratégies des élites politiques qui traversent allègrement la frontière.
- 9 « Permanence des stéréotypes coloniaux et frontières communicationnelles au Togo » (Anaté Kouméalo, spécialiste de la communication, Université de Lomé ). Au-delà des frontières géographiques et politiques, les groupes ethniques se fondent sur des stéréotypes nés à l’époque coloniale et transmis comme modèles pour se déterminer vis-à-vis de leurs voisins. L’appropriation de ces stéréotypes coloniaux contribue largement à structurer les rapports interethniques et continue d’être un facteur déterminant dans la communication sociale. Il s’agit ici de relever certains de ces stéréotypes, de les analyser et de montrer leur permanence dans les formes de discours et leur impact dans les conflits identitaires.
- 10 « Presse et frontières, une relecture des articles des Togolais en Gold Coast et au Dahomey 1902-1939 » (Batchana Essohanam, Historien, Université de Lomé). Les frontières héritées de la colonisation, tout en étant des obstacles, n’ont pas empêché la circulation des opinions et des idées. Dès l’époque coloniale allemande, les élites les franchissaient et diffusaient leurs idées à travers les organes de presse des pays voisins. Au Togo, cette activité fut le fait des élites d’Aného qui dénonçaient les abus de la colonisation à travers le Gold Coast Leader à l’époque coloniales allemandes dans l’Etoile du Dahomey l’entre-deux-guerres. L’objet de la présente recherche est de faire une relecture des différents articles et de faire ressortir leur caractère illicite qui fait que les auteurs étaient obligés de les publier hors des frontières.
- 11 « Frontière maritime et commerce des Etats du Sahel : étude du trafic portuaire des Etats du Sahel : Mali, Niger, Burkina Faso, passant par les ports de Cotonou et de Lomé (1960-2000) » (Videha Isaac, Historien, Université de Lomé). Les frontières ne sont pas que terrestres. Les pays côtiers jouissent des frontières maritimes dont le concept mérite d’être clarifié. Cette position géographique fait de ceux-ci, une zone de transit par excellence pour les voisins de l’hinterland et engendre des rapports économiques et culturels divers aussi bien à l’intérieur des territoires que sur les frontières. La présente recherche étudie la frontière maritime togolaise et son implication dans les relations commerciales entre le Togo et les voisins sahéliens (Burkina Faso, Mali, Niger).
- 12 « Langues et espaces transfrontaliers : les exemples de l’Ewe et du Guingbé entre le Togo, le Ghana et le Bénin » (Quashie Maryse, psycholinguiste, Sciences de l’éducation, Université de Lomé). Les frontières nées de la colonisation, dans bien des cas, ont séparé des populations ayant en usage la même langue. La balkanisation a créé des contextes différents dont l’impact n’a pas manqué d’influencer les formes de parlers. Celles-ci, sont néanmoins en compétition et le parler le plus dynamique comme c’est le cas du Guingbé sur la bande côtière des trois Etats Togo, Bénin Ghana, tend à devenir une lingua Franca.

III – Perspectives
Les différents sous projets envisagés seront poursuivis au cours des mois à venir. Les rencontres bimestriels continueront de même pour permettre de faire le point des avancées. La prochaine rencontre est prévue pour le 20 janvier 2011. Le 17 mai les premiers jets seront des études seront remis et il est envisagé un séminaire local les 9 et 10 juin en prélude au séminaire international qui regroupera toute les équipes France et du Burkina Fasso à Lomé en Juillet 2011.
Au séminaire local des 9 et 10 juin 2011, les différents travaux feront l’objet d’une présentation et d’une évaluation et il sera étudié la faisabilité d’un ouvrage collectif qui sera la conclusion du projet localement.



titre documents joints
  • Rapport Lome 12/2010 (PDF - 136.4 ko)
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